Paris, le 12 février 1941

Ex Sous-Lieutenant Boissarie
de la compagnie Hippo du train n°72
du Q.G. de la 2ème D.L.I.C.

A

Monsieur le Maire
de la Chapelle-d’Angillon
Cher

Monsieur le Maire,

Au nom des familles de ceux qui ont été tués au cours du bombardement aérien subi par notre unité à la Chapelle-d’Angillon, le 18 juin 1940, je viens vous demander s’il vous serait possible de me fournir quelques renseignements concernant leur sort.

L’Amicale de notre unité, fondée récemment en zone libre, aurait voulu savoir notamment l’identité des corps reconnus (d’après leur plaques d’identité), et l’endroit où ils ont été ensevelis, afin qu’un jour, leurs familles puissent avoir la consolation de venir sur leur tombe.

Les hommes de mon unité dépendaient des centres de recrutement du Sud-Est : Toulon, Marseille, Nice, etc… Ils portaient des vareuses kakis avec l’écusson vert du Train, sur lequel était marqué 15, chiffre de la région militaire.

Au moment du bombardement, notre unité, composée de véhicules hippomobiles, se trouvait au bivouac, formée en carré, à l’angle de deux routes.

Je m’excuse de venir ainsi vous déranger, mais vous êtes le seul qui puissiez m’aider dans la tâche que j’ai entreprise, pour soulager bien des détresses.

Je vous en exprime d’avance toute ma reconnaissance, et vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’expression de mes sentiments les plus distingués.


Liste des victimes militaires du bombardement du 18 juin 1940 (Relevé n° 59160)

43 victimes militaires dont 18 sont ceux du Train :

Soldats des 13e & 15e escadron du train morts lors du bombardement

Rédigé par

Christian Genête

Receveur P.T.T. à l'ancienne école de fille. "M. Christian Genete, s'est penché avec le souci et l'efficacité d'un historien, car il voulait savoir comment était mort, ce 18 juin 1940 à La Chapelle-d'Angillon, l'un de ses oncles."