La Revue des jeunes, 1 janvier 1943 Jean-Marie Delettrez

Il y a trente ans, paraissait, à la Nouvelle Revue Française, ce livre d’Alain-Fournier qui a pris place parmi les plus grandes œuvres d’imagination de notre siècle. Il serait intéressant de marquer l’influence de ce prestigieux essai sur les écrivains qui suivirent : en attendant cette mise au point, nous publions en hommage ces notations où chaque lecteur ami du Grand Meaulnes retrouvera ses propres impressions et son propre rêve.

Il s’appelait Henri Fournier et c’est ainsi que je le veux connaître, plutôt que par son nom d’écrivain qui ne faut qu’un masque sur les dernières années de sa vie.

Il naquit en 1886 à La Chapelle-d’Angillon, chez ses grands-parents. Son père et sa mère étaient alors instituteurs au Gué de la Pierre, un hameau voisin. Les hasards des « Changements » les conduisirent ensuite à Marçais, puis en 1891, pour douze ans, à Epineuil-le-Fleuriel qui devait être « Sainte-Agathe ».

Quelques villages du Cher jalonnent son enfance. Entre eux, toute sa vie, il tremblera d’extase, comme Gide pour qui chaque oasis était la plus belle. Il aima Epineuil jusqu’à effrayer ses parents ; pour La Chapelle, en fut une amitié si intime qu’elle devenait presque de l’amour ; et s’il songe à Nançay, le pays de son oncle, perdu dans la Sologne, « il n’y a pas décidément de pays… que je préfère ».

Rédigé par

Jérôme Tschill

Archiviste