Artiste dramatique (1879-1940)

Aujourd’hui mon but est de faire revivre un maximum de personnes civiles ou militaires disparues au cours du bombardement. Une personne m’intriguait particulièrement : Laurent Trombouze. En 1988 je n’avais pas les moyens d’investigations et de recherches que nous offre internet aujourd’hui.

Qui était Laurent Trombouze ?

 Dans les archives de la mairie en 1988 j’ai retrouvé la lettre suivante que j’ai transcrite. Elle émanait d’un de ses camarades de théâtre  à un membre de la famille de Laurent Trombouze renvoyé à la Chapelle pour …/… Le corps n’a jamais été réclamé et repose dans la tombe commune.  

«  J’ai rencontré votre frère à La Chapelle d’Angillon au moment de l’exode. Il était  assis sur un tonneau dans la rue en face d’une mairie. Le bombardement de Gien avait dû l’ébranler sérieusement car il ne m’a pas reconnu et n’a pas voulu me suivre. Le point où il se trouvait a été bombardé très fort environ un quart d’heure après l’avoir quitté. Il y a tout lieu de supposer qu’il a été blessé ou tué ou qu’ayant perdu la raison il a été interné. »

Lorsque j’ai consulté le registre des victimes civiles identifiées par renseignements j’ai constaté que Laurent Trombouze avait été victime du bombardement.

Voici le rapport le concernant, identifié par renseignements par Mr Guillon instituteur à La Chapelle-d’Angillon.

Raport par Mr Guillon

Numéro de la croix = 9
Nom, prénom, état civil, domicile = THOMBOUZE, LAURENT dit : « Morlas » artiste dramatique
Identifié par = M. GUILLON, instituteur. La Chapelle-d’Angillon. (Cher).
Papiers retrouvés sur le corps au nom de MORLAS en concordance avec le portefeuille en mairie.
Adresse de la famille = Inconnu à ce jour.
Objets recueillis sur le corps et rendus à la famille =
Objets recueillis sur le corps toujours en mairie =
1/ Portefeuille
2/ Carnet de vol de pilote militaire pendant la guerre 1914-1918
3/ Papiers divers

Acte de décès = Non dressé

Wikipédia :

Laurent Morlas(1) (5), né en 1888 et mort en 1942 (2), est un acteur de théâtre et de cinéma français.

(1) Parfois crédité Laurent Morléas mais uniquement dans un seul film en 2 parties L’Enfant sur les flots : la Séquestrée et L’Enfant sur les flots : Une toute petite hollandaise,

(2) D’après le site « Les Gens du Cinéma » qui ne cite pas ses sources. [1] [archive] Il n’existe aucune trace d’un décès Morlas dans les tables annuelles des décès 1942 des différents arrondissements de la Ville de Paris.

Biographie

En dehors de sa carrière théâtrale et cinématographique qui s’étend de 1906 à 1937, on sait très peu de choses sur Laurent Morlas dont on ignore même s’il s’agit de son véritable patronyme ou d’un nom de scène.
Il semble avoir débuté vers 1906 sous le seul nom de Morlas au théâtre de l’Ambigu, avant de se produire en province jusqu’en 1912, année de son retour définitif dans la capitale et de ses débuts au cinéma.
En mars 1927, Morlas devient secrétaire général de l’Amicale des artistes cinégraphiques. Il apparaît pour la dernière fois à l’écran dans le seul film parlant de sa carrière, Les Trois Mousquetaires d’Henri Diamant-Berger sorti en décembre 1932, pour se consacrer ensuite entièrement au théâtre.

Parisette (1921)

On perd définitivement sa trace après un dernier rôle dans une pièce radiophonique de Maurice Diamant-Berger diffusée sur le Poste parisien en mai 1937. Il avait alors 49 ans (5.)

(1) – (5) Si l’on retient la date de 1888 comme certaine.

Les causes de sa mort prématurée à l’âge de 54 ans ne sont pas connues.

Sur le site « choisir un film »

 Voici ce qui est dit sur lui :
En dehors de sa carrière théâtrale et cinématographique qui s’étend de 1907 à 1937, on sait peu de choses sur Laurent Morlas sinon qu’il débuta vers 1907 sous le nom de Morlas au théâtre de l’Ambigu, avant de se produire en province jusqu’en 1912 année de son retour définitif dans la capitale et de ses débuts au cinéma.
En mars 1927, Morlas devient secrétaire général de l’Amicale des artistes cinégraphiques. Il apparaît pour la dernière fois à l’écran dans Les Trois Mousquetaires, un film d’Henri Diamant-Berger sorti en décembre 1932,

Ces informations sont surprenantes :
Aucune certitude sur sa date de naissance
Aucune certitude sur son identité réelle
Aucune certitude sur sa date de décès
Aucune certitude sur les causes de sa mort.

Pas de date de naissance, rien sur son identité. Mais :

Parmi les objets recueillis par Mr Guillon je lis « Carnet de vol de pilote militaire pendant la guerre 14-18 » Banco !
Mon grand-père ayant été versé dans l’aviation en 1917 je savais que tous ceux affectés à cette unité  étaient répertoriés  (même les survivants. Sinon je ne serais pas là)

Carnet de vol de pilote militaire recto
Carnet de vol de pilote militaire verso

Avec ces informations, j’obtiens ses date et lieu de naissance. Sa classe, son numéro de matricule.
Les références de son matricule : « Lyon central N° de matricules 1006-1507 . 434 1RP 1019
Images 155 et 156/ 837 (son matricule 1102) »

Une multitude d’informations à son sujet :
Engagé volontaire en 1897.
Arrivée à l’école d’aviation d’Avord le 17/03/1916.
A résidé à Lyon, Valence (Espagne) puis Paris le 7/12/1925, 176 rue Legendre.

Son acte de naissance : le 19/05/1879 Lyon. Fils de Claude Romain Trombouze et de Olympe Boulogne Référence registre des naissances : « Naissances Lyon 1er . 2E 582 naissances 1879. Vue 84/203. »

Voilà, Laurent Trombouze « Morlas » inhumé dans le petit cimetière de La Chapelle-d’Angillon a son histoire, sans doute moins reconnue que celle d’Alain-Fournier. Comme le dit Georges Wolinski : « La notoriété c’est lorsqu’on remarque votre présence, la célébrité c’est lorsqu’on note votre absence. »

En conclusion Laurent Trombouze était inconnu dans le monde du spectacle sous sa véritable identité.

Sa tombe en 1940, 1990 et aujourd’hui

©Christian Genete
©Christian Genete

Sa filmographie

Choisir un film

Rédigé par

Christian Genete

Receveur P.T.T. à l'ancienne école de fille. "M. Christian Genete, s'est penché avec le souci et l'efficacité d'un historien, car il voulait savoir comment était mort, ce 18 juin 1940 à La Chapelle-d'Angillon, l'un de ses oncles."