Verrerie médiévale tchèque. Provenance : Les voyages de John Mandeville.- Manuscrit, déb. XVe s., British Museum, Londres.- Photo British Museum
(Source : Les ateliers de verriers / Danièle Foy.- In : Les dossiers d’archéologie n° 143, décembre 1989.)

Le toponyme lui-même n’apparaît qu’à la fin du XVe siècle. Il traduit l’existence à cette époque d’une petite fabrique de verre qui se perpétuera, ou, en tout cas, reprendra vie au XVIIe siècle pour disparaître entre 1815 et 1820.
Par ailleurs, ce nom se répand facilement dans la région à une époque où la petite industrie du verre nécessite l’utilisation du sable de la Sologne et permet à de nombreux nobles d’établir quelques activités sans déchoir.


Après avoir connu les fastes des cours de France et d’Angleterre, Louise de Keroualle s’épuisera en démarches juridiques pour sauvegarder ses droits sur les terres d’Aubigny.
contre l’administration des Eaux-et-Forêts, d’abord, qui lui réclame le versement d’une partie de ses baliveaux ; contre le marquis de Dreux-Brézé ensuite, qui installe une verrerie concurrente à Nancré malgré les protestations de la duchesse ; mais aussi contre des voisins comme les seigneurs d’Ivoy ou de la Chapelle-d’Angillon à propos de droit de pêche ou d’usage. Problème de taxes impayées également avec des contribuables de marques, comme les chanoines du prieuré d’Aubigny, voire des procédures judiciaires contre de simples villageois pour des délits forestiers, de braconnages…

Charles, troisième duc de Richmond, prend la succession à l’aube des événements révolutionnaires. Pendant cette période, les documents relatifs à la verrerie sont rares, les privilèges se perdent, et avec eux, le duché-pairie.
La Convention inscrit le propriétaire, Charles, sur la liste des émigrés et ses biens sont mis sous séquestre.


https://www.persee.fr/doc/medi_0751-2708_2000_num_19_39_1494

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Essor du verre creux. La provenance, comme critère de qualité

Dans les inventaires princiers ou royaux, les achats de verres sont qualifiés par leur quantité et leur prix mais, également, ce qui nous intéresse ici, par leur provenance. Vers 1300, par exemple, on cite à Paris, le « verre de Montpellier pour les épingles » ou, en 1322, dans l’inventaire de Robert de Béthune, « des fioles de Montpellier de voirre en une custode de cuir ». Le verre de vaisselle méridional se vend au Nord de la Loire où il semble être un critère de qualité. Avec le verre de Berry, il figure, en 1316, chez Mahaut d’Artois qui possède par son père des « verres d’Aubigny et de Provence ». Inversement, en Avignon, à la fin du XIVe siècle, entre du « veyre de Berri ». La précision permet de cerner également les importations étrangères comme les verres, plats, lampes de Damas. La provenance agit comme un label de qualité.


La fabrication de la vaisselle en verre au Moyen Âge

21 samedi Mars 2015
Posted by Margaux Depaermentier in Techniques de fabrication

Le but de la fabrication de verres creux est d’obtenir une forme adéquate à la fonction voulue. Par exemple, il s’avère que les gobelets de forme élancée avec une carène au niveau de la panse permettent une meilleure tenue en main qu’un verre de forme globulaire ou rectangulaire. De même que la vaisselle de table connaît une véritable révolution vers le VIe siècle avec le verre à pied qui remplace le verre à fond arrondi, libérant le consommateur de l’obligation de finir son verre avant de le reposer, celui-ci pouvant désormais tenir « debout » sur la table sans déverser son contenu. Mais outre la fonction pratique recherchée, le verre creux se voit également emprunt d’une certaine dimension esthétique voire sociale, notamment en ce qui concerne la volonté d’afficher un certain statut par l’usage d’une vaisselle de table spécifique (comme nous l’avons vu dans l’article sur les usages). En effet, les importants investissements et le savoir-faire considérable associés à la fabrication de tels objets en font nécessairement dans un premier temps des objets prestigieux, qu’on aime afficher à sa table, et qui répondent sensiblement aux divers effets de mode mis en évidences surtout à la fin du Moyen Âge où les « verres faits à Venise » influent significativement la production française suite à l’engouement qu’ont les princes pour ce type de verre, tandis qu’apparaît un nouveau type décor définit par motifs en reliefs ou pris dans la masse, avec filets rapportés de couleurs et d’éventuelles garnitures d’argent. Or, il est probable qu’on aimait dès l’époque mérovingienne sentir le décor du verre sous la main, décor généralement réalisé par impression ou en ronde-bosse.

LAGABRIELLE Sophie, « La verrerie du XIIe à la fin du XVe siècle : évolution d’une technique », In : Médiévales. No. 39, Techniques : les paris de l’innovation (AUTOMNE 2000), pp. 57-78.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/medi_0751-2708_2000_num_19_39_1494


https://www.atfaubois.org/index_html_files/La%20voix%2025%20.pdf

Les lieux dits « La Verrerie » évoquent une activité répandue dans et autour de l’arrondissement de Sancerre : une des premières, la verrerie d’Oizon (dite aussi d’Aubigny sur Nère, la paroisse), celles de Boucard, Ivoy, Boisbelle, La Chapelotte, Patinges (Torteron), Apremont sur Allier… Coûteux, le verre était un produit réservé.
Surpassant nettement les autres verreries de la commune, présentes à Ivoy depuis le XVe siècle la nouvelle « Verrerie d’Ivoy » fut créée par le marquis de Putanges en 1725.
En 1788, on relève le nom d’un directeur : François de Borniol de Fourchambault, écuyer (JL).

Des expéditions de verreries par la Loire (3)

Des verriers du diocèse de Verdun étaient venus travailler à Ivoy et certains étaient qualifiés de
« gentilhommes verriers » tels Gaspard Piéton, ou Pierre Pézard. (JL)
Les fermiers des usines, organisèrent l’acheminement, par de mauvais chemins, de tonnes de ferset de milliers de fragiles bouteilles jusqu’au port ligérien de Saint-Thibault, situé au pied de Sancerre,
à 7 lieues (presque 30 km) d’Ivoy. Le chemin vers le port d’expédition de St-Thibault passait par La
Chapelotte et par Boucard (commune dénommée Le Noyer seulement en 1846). François Piéton
créa, en 1777, la verrerie de Boucard après avoir dirigé celle d’Ivoy ! On peut remarquer que les
bâtiments subsistants de la verrerie de Boucard ont encore fait partie des propriétés confiées au
fermier d’Ivoy-le-Pré lors du bail de décembre 1834 dont il faudra reparler

Des liens avec d’autres verreries

Le propriétaire de Boucard, le marquis de Langeron, lieutenant général de Franche-Comté
avait persuadé un fameux verrier franc-comtois, Melchior Schmid, d’exploiter la verrerie qui devint
« la Verrerie Royale de Boucard » (1785). Une cinquantaine d’ouvriers produisait là bouteilles et
verres à vitres.
La réputée verrerie d’Oizon, (15 km au nord d’Ivoy) fut rapidement co-gérée avec celle de Boucard. Cependant, de 1790 à sa mort en 1793, Schmid dut investir sans compter son énergie et de l’argent dans la verrerie de Fours au sud de la Nièvre (halle encore visible) pour honorer avec rigueur le bail signé avec le marquis Cérice de Vogüé (1732-1812) qui, après la Révolution, achetait des domaines ruraux. Surchargé d’occupations, il abandonna la verrerie d’Oizon, seulement pérennisée dans le nom d’un lieudit où, non loin, se dresse un château très visité aujourd’hui, sur la route Jacques Cœur : le château de La Verrerie. D’autre part, la verrerie de Boucard confiée à François Piéton, neveu de son fondateur homonyme, fut arrêtée vers 1806.

On vendait les verreries produites à Ivoy ou à Boucard par l’intermédiaire des marchands des ports
de Briare, Orléans, et Paris (entrepôt Colombot) (4).
À Ivoy, le lieudit aujourd’hui encore dénommé « La Verrerie », justifia ce nom par les productions
correspondantes jusqu’en 1825.

La fabrication à Ivoy

Après des incendies, toujours à craindre, la verrerie d’Ivoy-le-Pré était rétablie en 1806. Sur un plan
daté 1826 et donnant le dernier état du lieu, on distingue à l’est du site de la Verrerie, dominant
le cours d’eau et l’étang, un double alignement d’une vingtaine de fours de fusion, adossés pour
éviter le refroidissement trop rapide et présentant vers l’extérieur les « ouvreaux » par lesquelles les
aides cueillaient du verre pâteux. Refroidies, les bouteilles montraient une teinte verte ou brune,
due aux composés métalliques des sables. À partir de 1791, en face des fours, l’atelier de façonnage
des bouteilles avait été sérieusement modifié et un four de vitrification était établi. On pouvait
aplanir sur la « table d’étendage » de ce dernier la paroi encore molle des manchons de verre blanc
fendus longitudinalement afin obtenir le verre à vitres dont la demande générale croissait. Après
chaque campagne d’activité la reconstruction de ce four demandait 2 mois. (5) Tout ce travail
rassemblait une quarantaine de ménages soit au moins 200 personnes sans compter les ouvriers
externes (bûcherons, charretiers…)

Le sable propre à la vitrification était extrait jusqu’à une dizaine de mètres de profondeur, mais
on ne trouvait pas sur place tous les ingrédients spécifiques, en particulier ceux nécessaires aux
creusets et au garnissage des parois des fours qu’il fallait alors faire venir de Normandie. Était aussi
indispensable l’achat de verres brisés à Paris, de cendres à Bourges, de salins d’ormes à Sancoins et
Givardon (Cher), sans parler de la soude importée d’Espagne (Carthagène)(JL).
Est-ce en raison de la difficulté à se procurer les réactifs sodiques qui entraient dans la préparation de la pâte de verre que Nicolas Leblanc chercha un procédé économique, appelé à un grand développement, pour fabriquer le carbonate de sodium à partir du
sel marin ?
Né à Ivoy en 1742, fils d’un commis des forges et « directeur du fourneau », il usa sa
pauvre vie à faire connaître son invention (1790) et se suicida en 1806 (6).


1 – AD18, B 303 et 312 et 27 J 15 : forges et verreries d’Ivoy-le-Pré, 1782, 1783.
2 – AD18, 51 J 1 (anciennement 51 F 1) : dossier des principaux baux, inventaires …
3 et 4 – Dominique LACROIX. La Verrerie royale de Boucard 1777-1806. 1996.
5 – Paul POIRÉ. À travers l’industrie française. Paris. Hachette. 1895 (illustré).
6 – Nicolas LEBLANC. Plaque marbre et bronze, apposée en 1888 sur l’ancienne mairie d’Ivoy (école). Article presse 1992.
7 – J.M. TALLON. Information et généalogie. 1984. pages 189 à 192. et généanet
8 – AD18, 8°4136 : cahier de doléances (Menetou-Couture). M. MARION « Fermiers généraux » dans Encyclopédie Universalis, 1981
9 – Journal du Palais vol.2, p. 251, sur site virtuel.


Rédigé par

Emmanuelle Toudert

École du Louvre. Guide touristique.
Licence des métiers de l'édition et des ressources documentaires.
Master Art-thérapeute.
Baptisée à La Chapelle-d'Angillon, le village de mes racines, en toute humilité je fais un retour à ma terre. "Humilité" = humus, terre.