
Dimanche 30 novembre 2025
Église de la Chapelle-d’Angillon – 18380
à 15 heures
« Les sonneurs perpétuent ainsi une pratique vieille de plusieurs siècles, issue de la vénerie, et qui a obtenu fin 2020 son inscription au patrimoine immatériel de l’Unesco. »
À l’instar de nombre d’instruments de musique, les trompes de chasse demandent pas mal de travail de la part de leurs utilisateurs. « Il faut que les lèvres soient musclées, précise Laurent Bailly, et il est nécessaire de faire travailler les zygomatiques. Ceux qui veulent essayer sont les bienvenus ! »
Un moment suspendu dans le temps… La trompe de chasse, avec sa voix brute et majestueuse, révéle toute sa richesse émotionnelle. Tantôt puissants, tantôt doux, les sonneurs nous font vivre un voyage sonore inoubliable !
L’art des sonneurs de trompe
Par le terme de trompe, on identifie un cor naturel, circulaire, né et diffusé auprès des cours d’Europe dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Traditionnellement, on considère son apparition en France dès 1680, la trompe étant utilisée pour les chasses royales de Louis XIV. L’art des sonneurs de trompe a évolué au fil du temps, s’affranchissant sensiblement de la vénerie et développant un style de jeu sans équivalent dans le monde musical. La trompe est un cor naturel au timbre cuivré spécifique, créé à l’origine pour accompagner les chasses royales de Louis XIV.
Présente aujourd’hui dans toute la France, ainsi que dans quelques autres pays, cette tradition musicale possède un répertoire spécifique important, qui n’a jamais cessé de s’enrichir depuis le XVIIIe siècle. La majorité des sonneurs est regroupée au sein de la Fédération Internationale des Trompes de France.
Fiche d’inventaire du patrimoine culturelle immatériel
Les instrumentistes s’appellent entre eux « sonneurs de trompe » : on ne « joue » pas de la trompe, on « sonne » de la trompe.
L’instrument est généralement appelé « trompe » ou « trompe de chasse ». Bien que l’appellation « cor de chasse » soit aussi en usage dans le grand public, les sonneurs de trompe considèrent en France que le terme de « cor » est impropre. En effet, dans les traités de vénerie français des XVIe et XVIIe siècles, quand le cor circulaire n’existait pas encore, on mentionnait déjà la trompe pour identifier un véritable cor en cuivre, non enroulé [Jacques Du Fouilloux, Vénerie, 1561, dédicace au roi Charles IX, et Robert de Salnove, La Vénerie royale, 1665, avec dédicace au roi Louis XIV].
Salnove écrit en 1665 : « Cor, c’est la trompe des chasseurs » ou « Corner, c’est sonner du cor » [Robert de Salnove, Dictionnaire des chasseurs, 1665, p. 10]. Plus tard, aux XVIIe et XVIIIe siècles, il n’est pas rare de trouver dans
les partitions les dénominations de trompe ou de cor de chasse, sans règles univoques. Les sonneurs nomment leur instrument « trompe de France » ou « trompe en Ré » et le modèle servant de référence est appelé « trompe d’Orléans ».
Les « fanfares » sont de courtes pièces musicales (du type refrain/couplet/refrain), les œuvres plus élaborées prenant le nom de « morceaux » ou de « fantaisies ». Le terme « sonnerie », plus générique, s’applique à l’ensemble du répertoire.
Avant toute autre chose, un fait soude la communauté des sonneurs de trompe, c’est l’attirance, plus encore, la fascination pour le son de la trompe. Tous les témoins interrogés évoquent leur coup de foudre avec le son de l’instrument, qui explique pourquoi ils le pratiquent aujourd’hui. Cette primauté du son est liée à la qualité naturelle de son émission, contrairement aux autres instruments à vent, où la colonne d’air est refaçonnée à travers pistons, trous pour les doigtés, etc., entraînant une richesse étonnante des harmoniques produites.
Le printemps de Novel
Il y a, à Novel, une tradition de trompes de chasse comme en témoignent les paroles de cette chanson, écrite par Christian Delval, écrivain du Haut Jura né en 1956. Elle est connue d’une grande partie des sonneurs de trompe de chasse en France et rend hommage à Gabriel Brouze, dit « Gabon », figure du village (1912-1988).
Tous les 15 août, l’association des Amis de Gabon présidée par Louis Mexandeau, ancien ministre, rend hommage à Gabon. « Le Printemps de Novel » est devenu incontournable pour tous les sonneurs de France.
1 – Novel est à mon cœur ce qu’un joli jardin
Est à un’ petit’ fleur, je m’y trouve si bien !
Et je reviendrai, aux prochaines saisons,
A Novel pour sonner avec l’ami Gabon.
Refrain : Écoute le coucou, au fond du vallon. Il chante le printemps dans la Savoie et c’est la trompe de Gabon qui lui répond comme autrefois quand les ours des Grisons étaient seigneurs des bois.
2 – Écoute le coucou au fond du vallon !
Il chante le printemps dans la Savoie,
Et c’est la trompe de Gabon qui lui répond comme autrefois,
Quand les ours des Grisons étaient seigneurs des bois.
3 – La lune monte dans le soir, là haut, sur la Dent d’Oche,
Et on écoute sans voix, au pied des grandes roches ,
La chanson des cimes
Et des grands abîmes.
4 – Écoute le coucou au fond du vallon !
Il chante le printemps dans la Savoie,
Et c’est la trompe de Gabon qui lui répond comme autrefois,
Quand les ours des Grisons étaient seigneurs des bois.
5 – Novel est à mon cœur ce qu’un joli jardin
Est à un’ petit’ fleur, je m’y trouve si bien !
Et je reviendrai, aux prochaines saisons
A Novel pour sonner avec l’ami Gabon.
Et je reviendrai, aux prochaines saisons,
A Novel pour sonner, comme au temps de Gabon.
Michel Etcheverry – Le refuge
1/ Je sais dans la montagne,
Un refuge perdu
Qui se mire dans l’eau claire
Des lacs verts d’Orgélu
Ouvert aux quatre vents
Aux montagnards perdus
Dans la brume et la neige
Comme un port du salut,
Qu’il fait bon s’endormir
Au refuge le soir
Près du feu qui s’éteint
Au pays des isards
2/ Je sais dans la montagne,
Un refuge perdu
Entouré d’asphodèles
De sapins chevelus
Une histoire d’amour
A commencé là-bas
Quand une nuit d’octobre
J’y ai dormi près de toi
Qu’il fait bon s’endormir
Au refuge le soir
Près du feu qui s’éteint
Au pays des isards
3/ Ton cœur est mon refuge,
Et tes yeux sont pour moi
Ces lacs verts ou se mire
Mon bonheur et l’amour,
Et dans ma solitude,
J’y viens chercher souvent
Un soupir qui rassure
Un regard apaisant
Qu’il fait bon s’endormir
Au refuge le soir
Près du feu qui s’éteint
Au pays des isards
La petite Ninon
Chant savoyard traditionnel surtout chanté au retour des fêtes et des banquets.
1 – J’ai connu une fille brune
Que j’aimais bien tendrement
Et cet amour que j’aimais tant
N’a duré qu’un clair de lune.
Mais elle avait un joli nom
(Refrain) Le joli nom de Ninon
Le joli nom de Ninon
2 – L’autre jour dans la vallée
A travers les sentiers perdus
J’ai baisé ses jolis pieds nus
Tout humides de rosée
Et j’ai gravé dans un buisson
3 – Maintenant cette fille brune
Porte des robes de velours
Et en change autant de fois par jour,
Que le ciel change de lune
Mais elle a bien le joli nom
4 – L’autre jour je l’ai revue
Elle revenait des bois
Mais ce n’était plus sa voix
Ni sa tournure ingénue
Mais elle n’a plus son joli nom
